Qualité du sommeil des internes en France : facteurs de risque et facteurs protecteurs : enquête multicentrique : thèse présentée pour le diplôme d'État de docteur en médecine : diplôme d'État mention médecine générale
Langue Français
Langue Français
Auteur(s) : Froissart, Liza
Directeur(s) : Chambe, Juliette
Président du jury : Bourgin, Patrice
Composante : Faculté de médecine, maïeutique et sciences de la santé
Établissement : Université de Strasbourg
Date de création : 30-06-2025
Résumé(s) : La qualité du sommeil des internes en médecine reste peu explorée en France, alors même que leur rôle est crucial dans un système de santé en tension. Le sommeil est un déterminant essentiel de la santé mentale, physique, et des performances professionnelles. Cette étude vise à évaluer la qualité du sommeil des internes français toutes spécialités confondues, et à identifier ses facteurs associés. Il s'agit d'une étude épidémiologique, observationnelle, transversale, multicentrique, menée via un auto-questionnaire diffusé entre mai et juillet 2024 auprès des internes de médecine français. Le questionnaire incluait des données sociodémographiques, des mesures de santé mentale (PHQ-4, WHO-5), de satisfaction au travail (JSSI, Maslach 1 item), de consommation à risque (CRAFFT-ADOSPA), et le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI) pour évaluer la qualité du sommeil. La présence de troubles du sommeil a été affinée selon les critères de l’ICSD-3. Au total, 560 internes ont répondu, dont 453 questionnaires complets. La moitié des répondants étaient des internes de médecine générale. La moitié avait changé de faculté pour son internat, et un tiers vivait seul. 13.6 % des internes répondants souffraient d’une maladie chronique. La durée moyenne de travail hebdomadaire était 46.90 [45.91 ; 47.89] heures. Le nombre de garde par mois était de 2.49, et la durée moyenne de sommeil lors de celles-ci de 2.66 heures. 33.9 % des femmes et 31.0 % des hommes déclaraient des troubles du sommeil, sans différence significative. La privation chronique de sommeil concernait plus de 70 % des répondants, et l’insomnie chronique 17.8%. Le score moyen PSQI était de 3.89 chez les femmes et 3.54 chez les hommes (p = 0,08). Les troubles anxieux concernaient un tiers des internes, et la dépression 15%. Presque la moitié avait des symptômes de burn-out (40.7%), mais la majorité restaient épanouis au travail (70%). Vivre seul, consommer plus de quatre tasses de café ou thé par jour, fumer, consommer des produits seul ou pour se sentir mieux et à l’origine d’une inquiétude des proches, consommer des médicaments favorisant le sommeil, un temps d’écran plus important après le travail sont associés significativement aux troubles du sommeil. Au niveau professionnel, seuls l’augmentation du temps de travail hebdomadaire ou du nombre de gardes ont montré une association significative avec le score PSQI. Le temps de trajet a un impact sur la dette de sommeil. Cette étude met en évidence une fréquence élevée de troubles du sommeil chez les internes, notamment en lien avec des comportements addictifs ou de précarité psychique. Le recueil par auto-questionnaire expose à des biais de déclaration, et le faible échantillon, recruté sur la base du volontariat, pourrait ne pas être entièrement représentatif de l’ensemble des internes en France. Ces résultats soulignent cependant l'urgence de mettre en place des stratégies de prévention et de soutien ciblant le sommeil et la santé mentale des futurs médecins, The sleep quality of French residents is yet to be explored, even though residents play a crucial role in the French medical system. Sleep is a vital function to preserve the mental and physical health of those professionals, and their work performance. The goal of this study is to evaluate the sleep quality of the French residents of all specialties and identify the associated factors. This study is epidemiologic, observational, transversal and multicentric. A survey was sent to French medical residents between May and July 2024. The survey contained sociodemographic data, mental health scores (PHQ-4, WHO-5), work satisfaction scores (JSSI, Maslach 1 item), risky consumption data (CRAFFT-ADOSPA), and the Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI) to evaluate the sleep quality. Sleep disorders were then further defined with ICSD-3 criteria. 560 questionnaires were collected, 453 were fully completed. Half of the residents were family doctors. Also, half of them moved faculties to complete their residency, and a third lived alone. 13.6% of respondents had chronic illnesses. The weekly work duration was 46.90 [45.91; 47.89] hours. The residents were on duty on average 2.49 times monthly, and the mean sleep duration on duty was 2.66 hours. 33.9% of women and 31.0% of men reported sleep disorders, without significative difference. Chronic sleep deprivation was found in more than 70% of the respondents, and insomnia in 17.8% of them. The mean PSQI score was 3.89 in women and 3.54 in men (p=0.08). Chronic anxiety disorder was present in a third of residents while depression was found in 15% of them. Almost half of respondents reported burnout symptoms (40.7%), but the majority (70%) were still satisfied with their work. Living alone, consuming more than 4 cups of coffee or tea per day, smoking, having risky consumptions alone, to feel better, or that worried close family or friends, using medication to improve sleep and an augmentation of screentime after work are all associated significatively with sleep disorders. From a work perspective, only working more hours weekly or being more on duty monthly were significatively related to the PSQI score. Commuting time between home and work had an impact on sleep debt. We found a high prevalence of sleep disorders in medical residents. They were notably linked to addictive behavior or psychic imbalance. Using a survey taken directly by the resident exposes our study to a declaration bias, and the small sample recruited on a voluntary basis could be unrepresentative of all the French residents. Our results push us to integrate prevention and support strategies into our practice, especially focusing on the sleep and mental health of our future doctors
Discipline : Médecine (médecine générale)
Directeur(s) : Chambe, Juliette
Président du jury : Bourgin, Patrice
Composante : Faculté de médecine, maïeutique et sciences de la santé
Établissement : Université de Strasbourg
Date de création : 30-06-2025
Résumé(s) : La qualité du sommeil des internes en médecine reste peu explorée en France, alors même que leur rôle est crucial dans un système de santé en tension. Le sommeil est un déterminant essentiel de la santé mentale, physique, et des performances professionnelles. Cette étude vise à évaluer la qualité du sommeil des internes français toutes spécialités confondues, et à identifier ses facteurs associés. Il s'agit d'une étude épidémiologique, observationnelle, transversale, multicentrique, menée via un auto-questionnaire diffusé entre mai et juillet 2024 auprès des internes de médecine français. Le questionnaire incluait des données sociodémographiques, des mesures de santé mentale (PHQ-4, WHO-5), de satisfaction au travail (JSSI, Maslach 1 item), de consommation à risque (CRAFFT-ADOSPA), et le Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI) pour évaluer la qualité du sommeil. La présence de troubles du sommeil a été affinée selon les critères de l’ICSD-3. Au total, 560 internes ont répondu, dont 453 questionnaires complets. La moitié des répondants étaient des internes de médecine générale. La moitié avait changé de faculté pour son internat, et un tiers vivait seul. 13.6 % des internes répondants souffraient d’une maladie chronique. La durée moyenne de travail hebdomadaire était 46.90 [45.91 ; 47.89] heures. Le nombre de garde par mois était de 2.49, et la durée moyenne de sommeil lors de celles-ci de 2.66 heures. 33.9 % des femmes et 31.0 % des hommes déclaraient des troubles du sommeil, sans différence significative. La privation chronique de sommeil concernait plus de 70 % des répondants, et l’insomnie chronique 17.8%. Le score moyen PSQI était de 3.89 chez les femmes et 3.54 chez les hommes (p = 0,08). Les troubles anxieux concernaient un tiers des internes, et la dépression 15%. Presque la moitié avait des symptômes de burn-out (40.7%), mais la majorité restaient épanouis au travail (70%). Vivre seul, consommer plus de quatre tasses de café ou thé par jour, fumer, consommer des produits seul ou pour se sentir mieux et à l’origine d’une inquiétude des proches, consommer des médicaments favorisant le sommeil, un temps d’écran plus important après le travail sont associés significativement aux troubles du sommeil. Au niveau professionnel, seuls l’augmentation du temps de travail hebdomadaire ou du nombre de gardes ont montré une association significative avec le score PSQI. Le temps de trajet a un impact sur la dette de sommeil. Cette étude met en évidence une fréquence élevée de troubles du sommeil chez les internes, notamment en lien avec des comportements addictifs ou de précarité psychique. Le recueil par auto-questionnaire expose à des biais de déclaration, et le faible échantillon, recruté sur la base du volontariat, pourrait ne pas être entièrement représentatif de l’ensemble des internes en France. Ces résultats soulignent cependant l'urgence de mettre en place des stratégies de prévention et de soutien ciblant le sommeil et la santé mentale des futurs médecins, The sleep quality of French residents is yet to be explored, even though residents play a crucial role in the French medical system. Sleep is a vital function to preserve the mental and physical health of those professionals, and their work performance. The goal of this study is to evaluate the sleep quality of the French residents of all specialties and identify the associated factors. This study is epidemiologic, observational, transversal and multicentric. A survey was sent to French medical residents between May and July 2024. The survey contained sociodemographic data, mental health scores (PHQ-4, WHO-5), work satisfaction scores (JSSI, Maslach 1 item), risky consumption data (CRAFFT-ADOSPA), and the Pittsburgh Sleep Quality Index (PSQI) to evaluate the sleep quality. Sleep disorders were then further defined with ICSD-3 criteria. 560 questionnaires were collected, 453 were fully completed. Half of the residents were family doctors. Also, half of them moved faculties to complete their residency, and a third lived alone. 13.6% of respondents had chronic illnesses. The weekly work duration was 46.90 [45.91; 47.89] hours. The residents were on duty on average 2.49 times monthly, and the mean sleep duration on duty was 2.66 hours. 33.9% of women and 31.0% of men reported sleep disorders, without significative difference. Chronic sleep deprivation was found in more than 70% of the respondents, and insomnia in 17.8% of them. The mean PSQI score was 3.89 in women and 3.54 in men (p=0.08). Chronic anxiety disorder was present in a third of residents while depression was found in 15% of them. Almost half of respondents reported burnout symptoms (40.7%), but the majority (70%) were still satisfied with their work. Living alone, consuming more than 4 cups of coffee or tea per day, smoking, having risky consumptions alone, to feel better, or that worried close family or friends, using medication to improve sleep and an augmentation of screentime after work are all associated significatively with sleep disorders. From a work perspective, only working more hours weekly or being more on duty monthly were significatively related to the PSQI score. Commuting time between home and work had an impact on sleep debt. We found a high prevalence of sleep disorders in medical residents. They were notably linked to addictive behavior or psychic imbalance. Using a survey taken directly by the resident exposes our study to a declaration bias, and the small sample recruited on a voluntary basis could be unrepresentative of all the French residents. Our results push us to integrate prevention and support strategies into our practice, especially focusing on the sleep and mental health of our future doctors
Discipline : Médecine (médecine générale)
Mots-clés libres :
Couverture : FR
- Sommeil
- Troubles de la veille et du sommeil
- Internes (médecine)
- Médecine générale
- Médecine préventive
- 610
Type : Thèse d'exercice, These d'exercice Unistra
Format : PDF
Source(s) :
Format : PDF
Source(s) :
- http://www.sudoc.fr/29112240X
Entrepôt d'origine :
Identifiant : ecrin-ori-395079
Type de ressource : Ressource documentaire
Identifiant : ecrin-ori-395079
Type de ressource : Ressource documentaire
