Morphées post-radiothérapie : revue de la littérature et série de cas de la Clinique de dermatologie de Strasbourg : thèse présentée pour le diplôme d'État de docteur en médecine : diplôme d'État mention DES de dermatologie et vénéréologie
Langue Français
Langue Français
Auteur(s) : Scheid, Léa
Directeur(s) : Lipsker, Dan Michael
Composante : Faculté de médecine, maïeutique et sciences de la santé
Établissement : Université de Strasbourg
Date de création : 30-06-2025
Résumé(s) : La radiothérapie est utilisée dans le traitement de nombreux cancers, et notamment du sein. Elle peut se compliquer de nombreuses manières sur le plan cutané. La morphée est une maladie inflammatoire dont l’incidence est augmentée suite à une irradiation. La majorité des cas décrits surviennent après traitement d’un cancer du sein, mais d’autres localisations existent. L’objectif de ce travail est double : réaliser une revue de la littérature sur les morphées post-radiques afin d’en caractériser la présentation clinique, les facteurs de risque, la physiopathologie et la prise en charge, et analyser une série de cas issus de la Clinique de Dermatologie des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg pour enrichir ces données. Matériel et méthode : Une recherche bibliographique systématique a été menée dans PubMed sur la base de données MEDLINE de décembre 2024 jusqu’en juin 2025 à l’aide de l’équation : “(morphea OR localized scleroderma) AND (radiation OR radiotherapy OR irradiation)”. Sur 318 articles identifiés, 58 répondaient aux critères d’inclusion (langue, pertinence, description clinique et histologique suffisante), représentant 97 cas de morphées post-radiques. Parallèlement, une étude monocentrique a été réalisée à Strasbourg. Les cas ont été identifiés à partir du logiciel médical Dxcare et du système photographique Kitview. Après exclusion des dossiers incomplets ou des patients porteurs de sclérodermie systémique, 7 cas ont été retenus. L’ensemble des cas (104) a été regroupé pour une analyse descriptive. Les variables étudiées incluaient : âge, sexe, terrain auto-immun, type de néoplasie et modalités de radiothérapie, délai d’apparition, aspects cliniques, histopathologiques et thérapeutiques. Résultats : L’étude regroupait 99 femmes et 5 hommes, avec un âge moyen au diagnostic de 62 ans (l’âge des patients allant de 28 à 87 ans). Le cancer du sein représentait l’indication oncologique la plus fréquente (89 % des cas). Le délai médian d’apparition de la morphée après irradiation était de 12 mois (maximum à 32 ans). La moitié des patients ont développé la maladie dans l’année suivant la fin de la radiothérapie. Dans 24 % des cas, les lésions s’étendaient au-delà du champ d’irradiation, parfois avec apparition secondaire à distance. Cliniquement, les morphées se présentaient le plus souvent sous forme de plaques érythémateuses infiltrées (58/104), parfois avec anneau lilas (12/104). Les symptômes associés incluaient douleur, prurit et tiraillements. Histologiquement, les anomalies les plus fréquentes étaient une sclérose dermique avec épaississement et horizontalisation du collagène (53 cas), des infiltrats lymphoplasmocytaires (28 cas), et une disparition des annexes cutanées (16 cas). La présence de fibroblastes atypiques était rare (5 cas). Concernant les traitements, diverses options ont été testées avec des résultats variables : dermocorticoïdes topiques (20 cas), photothérapie (11 cas), méthotrexate (10 cas), corticoïdes systémiques (7 cas), immunomodulateurs ou biothérapies plus ponctuellement. Discussion : La morphée post-radiothérapie constitue une complication rare (1/500 cancers du sein traités), mais possiblement sousdiagnostiquée. La présence fréquente d’un terrain auto-immun suggère une susceptibilité particulière, renforçant l’hypothèse d’un mécanisme immunologique déclenché par l’irradiation. La physiopathologie apparaît multifactorielle : libération de néoantigènes tissulaires, activation de la voie du TGF-β et des myofibroblastes, surexpression de médiateurs pro-fibrosants comme l’ostéopontine, et potentielle implication de gènes régulateurs tels que Myc. Le diagnostic différentiel principal reste la radiodermite chronique. La morphée se distingue par une phase inflammatoire initiale plus intense, la possibilité d’extension ou de lésions à distance, et certaines caractéristiques histologiques (collagène organisé, absence fréquente de fibroblastes atypiques). Sur le plan thérapeutique, aucune stratégie standardisée n’émerge. Les dermocorticoïdes seuls sont souvent insuffisants. Conclusion : La morphée post-radiothérapie, bien que rare, est une complication dermatologique importante à connaître, surtout dans le contexte du cancer du sein. Son diagnostic est souvent retardé ou confondu avec une radiodermite chronique, ce qui peut retarder la mise en place d’un traitement approprié. Cette thèse, en combinant une revue exhaustive de 97 cas de la littérature et 7 cas strasbourgeois, constitue la plus vaste synthèse actuelle sur le sujet. Elle met en évidence l’hétérogénéité clinique et histologique des morphées post-radiques, leur lien probable avec un terrain auto-immun, et l’absence de consensus thérapeutique. La reconnaissance précoce de cette entité et la diffusion de critères diagnostiques spécifiques sont essentielles pour améliorer la prise en charge des patients
Discipline : Médecine (dermatologie et vénéréologie)
Directeur(s) : Lipsker, Dan Michael
Composante : Faculté de médecine, maïeutique et sciences de la santé
Établissement : Université de Strasbourg
Date de création : 30-06-2025
Résumé(s) : La radiothérapie est utilisée dans le traitement de nombreux cancers, et notamment du sein. Elle peut se compliquer de nombreuses manières sur le plan cutané. La morphée est une maladie inflammatoire dont l’incidence est augmentée suite à une irradiation. La majorité des cas décrits surviennent après traitement d’un cancer du sein, mais d’autres localisations existent. L’objectif de ce travail est double : réaliser une revue de la littérature sur les morphées post-radiques afin d’en caractériser la présentation clinique, les facteurs de risque, la physiopathologie et la prise en charge, et analyser une série de cas issus de la Clinique de Dermatologie des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg pour enrichir ces données. Matériel et méthode : Une recherche bibliographique systématique a été menée dans PubMed sur la base de données MEDLINE de décembre 2024 jusqu’en juin 2025 à l’aide de l’équation : “(morphea OR localized scleroderma) AND (radiation OR radiotherapy OR irradiation)”. Sur 318 articles identifiés, 58 répondaient aux critères d’inclusion (langue, pertinence, description clinique et histologique suffisante), représentant 97 cas de morphées post-radiques. Parallèlement, une étude monocentrique a été réalisée à Strasbourg. Les cas ont été identifiés à partir du logiciel médical Dxcare et du système photographique Kitview. Après exclusion des dossiers incomplets ou des patients porteurs de sclérodermie systémique, 7 cas ont été retenus. L’ensemble des cas (104) a été regroupé pour une analyse descriptive. Les variables étudiées incluaient : âge, sexe, terrain auto-immun, type de néoplasie et modalités de radiothérapie, délai d’apparition, aspects cliniques, histopathologiques et thérapeutiques. Résultats : L’étude regroupait 99 femmes et 5 hommes, avec un âge moyen au diagnostic de 62 ans (l’âge des patients allant de 28 à 87 ans). Le cancer du sein représentait l’indication oncologique la plus fréquente (89 % des cas). Le délai médian d’apparition de la morphée après irradiation était de 12 mois (maximum à 32 ans). La moitié des patients ont développé la maladie dans l’année suivant la fin de la radiothérapie. Dans 24 % des cas, les lésions s’étendaient au-delà du champ d’irradiation, parfois avec apparition secondaire à distance. Cliniquement, les morphées se présentaient le plus souvent sous forme de plaques érythémateuses infiltrées (58/104), parfois avec anneau lilas (12/104). Les symptômes associés incluaient douleur, prurit et tiraillements. Histologiquement, les anomalies les plus fréquentes étaient une sclérose dermique avec épaississement et horizontalisation du collagène (53 cas), des infiltrats lymphoplasmocytaires (28 cas), et une disparition des annexes cutanées (16 cas). La présence de fibroblastes atypiques était rare (5 cas). Concernant les traitements, diverses options ont été testées avec des résultats variables : dermocorticoïdes topiques (20 cas), photothérapie (11 cas), méthotrexate (10 cas), corticoïdes systémiques (7 cas), immunomodulateurs ou biothérapies plus ponctuellement. Discussion : La morphée post-radiothérapie constitue une complication rare (1/500 cancers du sein traités), mais possiblement sousdiagnostiquée. La présence fréquente d’un terrain auto-immun suggère une susceptibilité particulière, renforçant l’hypothèse d’un mécanisme immunologique déclenché par l’irradiation. La physiopathologie apparaît multifactorielle : libération de néoantigènes tissulaires, activation de la voie du TGF-β et des myofibroblastes, surexpression de médiateurs pro-fibrosants comme l’ostéopontine, et potentielle implication de gènes régulateurs tels que Myc. Le diagnostic différentiel principal reste la radiodermite chronique. La morphée se distingue par une phase inflammatoire initiale plus intense, la possibilité d’extension ou de lésions à distance, et certaines caractéristiques histologiques (collagène organisé, absence fréquente de fibroblastes atypiques). Sur le plan thérapeutique, aucune stratégie standardisée n’émerge. Les dermocorticoïdes seuls sont souvent insuffisants. Conclusion : La morphée post-radiothérapie, bien que rare, est une complication dermatologique importante à connaître, surtout dans le contexte du cancer du sein. Son diagnostic est souvent retardé ou confondu avec une radiodermite chronique, ce qui peut retarder la mise en place d’un traitement approprié. Cette thèse, en combinant une revue exhaustive de 97 cas de la littérature et 7 cas strasbourgeois, constitue la plus vaste synthèse actuelle sur le sujet. Elle met en évidence l’hétérogénéité clinique et histologique des morphées post-radiques, leur lien probable avec un terrain auto-immun, et l’absence de consensus thérapeutique. La reconnaissance précoce de cette entité et la diffusion de critères diagnostiques spécifiques sont essentielles pour améliorer la prise en charge des patients
Discipline : Médecine (dermatologie et vénéréologie)
Mots-clés libres :
Couverture : FR
- Sclérodermie localisée
- Radiothérapie
- 616.5
Type : Thèse d'exercice, These d'exercice Unistra
Format : PDF
Source(s) :
Format : PDF
Source(s) :
- http://www.sudoc.fr/292869193
Entrepôt d'origine :
Identifiant : ecrin-ori-401731
Type de ressource : Ressource documentaire
Identifiant : ecrin-ori-401731
Type de ressource : Ressource documentaire
